Le tigre, sous toutes ses sous-espèces restantes, est aujourd'hui en grand danger. Au début du XXème siècle, il y avait plus de 100 000 tigres. Après de multiples exterminations, comme la chasse, le braconnage, et la déforestation, ils ne sont aujourd'hui, en 2003, que 5 000 à 7 000, dont un peu plus de la moitié en Inde...
Il ne reste aujourd'hui environ que 400 tigres de Sibérie en liberté ou en semi-liberté. Il y en a autant en captivité, dans les zoos et autres programmes de réinsertion dans la nature. Le tigre de Sibérie risque non seulement de ne plus pouvoir exister en liberté, mais aussi de disparaître complètement ! Vu le peu de nombre d'individus, il sera difficile d'éviter la consanguinité, mais les scientifiques travaillent beaucoup pour éviter que cela se produise.
En Sibérie, le tigre est officiellement protégé par le gouvernement, même si ce dernier a du mal à éviter le braconnage. En outre, une équipe de scientifiques américano-russe a décidé d'aider et de protéger le tigre de Sibérie. En étudiant des tigres en pleine nature et aussi en captivité, ils pourront établir un programme de protection adapté, et ainsi répondre à des questions comme quelle taille de territoire est nécessaire à un tigre adulte, combien de proies doit-il tuer chaque année pour survivre ou comment réagit-il à l'empiétement des humains sur son domaine...
Superbe initiative qui sera grandement appréciée par tous les amoureux du tigre et de la nature en général. Mais cela ne va pas sans risques pour les scientifiques, car pour étudier un tigre en liberté, il faut l'approcher, et cet animal compte parmi les plus dangereux au monde. De plus, comme nous l'avons vu précédemment, le tigre est un animal discret et particulièrement difficile à surprendre.
Les scientifiques (biologistes et naturalistes) placent des radio-émetteurs dans des colliers sur les tigres ; ils peuvent ainsi suivrent leur trace toute l'année. Et même en général sur deux ans, durée de vie moyenne d'un radio-émetteur avant qu'il soit nécessaire de le changer.
Pour poser un radio-émetteur sur un tigre adulte, les scientifiques essayent de l'approcher le plus possible, et lui injectent un puissant sédatif au moyen d'un fusil prévu à cet effet, afin d'endormir le tigre. Mais le dosage du sédatif est délicat : trop fort, il met en danger la vie du tigre, trop faible, celles des scientifiques. De plus, la taille du tigre, son humeur et l'endroit où l'aiguille se plante peuvent modifier les effets du sédatif. Les scientifiques cherchent en général à injecter la dose minimale afin d'épargner la santé du tigre. Une fois le tigre endormi, les savants posent sur lui le collier équipé du radio-émetteur (photos 1&2). Ils peuvent ainsi suivre son parcours sur de longues périodes grâce à un récepteur (photo 3) et mieux analyser son comportement.
Quand il s'agit de placer des radio-émetteurs sur un bébé tigre, les scientifiques agissent différemment. Après avoir repéré le repère de la tigresse qui garde son petit, ils attendent que la mère parte chasser ou s'éloigne. Il ont alors très peu de temps pour intervenir. Ils approchent du bébé tigre et lui mettent donc le radio-émetteur (photos 4&5&6). Pas besoin de l'endormir, ce n'est qu'un bébé, donc pas dangereux. Au préalable, les scientifiques ont tout de même enfilé d'épais gants de cuir trempés dans de l'urine de tigre, afin que la femelle ne détecte pas le passage d'êtres humains à son retour, auquel cas elle risquerait d'abandonner son petit.
En Sibérie, Victor Yudin, biologiste à l'académie des sciences de Russie, est responsable du programme de protection du Tigre de Sibérie.
Il y a une dizaine d'années, ce monsieur a eu la bonne idée de sauver des balles des braconniers deux bébés tigres, un mâle et une femelle, qu'il a appelé Koushour (le mâle) et Niourka (la femelle). Au lieu de les placer dans un zoo ou de les abandonner à leur sort, Yudin les as recueillis et les a élevés seul ; d'abord dans des cages dans son jardin, puis dans un très vaste enclôt, en semi-liberté, à l'âge adulte (enclôt financé par un scientifique américain). Tout ce que Yudin a appris des tigres, c'est grâce à ses deux protégés. Il considère d'ailleurs les tigres de Sibérie comme la suprême incarnation de la nature.
Après plusieurs tentatives qui se sont soldées par des échecs, les deux tigres ont réussi à se reproduire en semi-liberté, et à donner naissance à deux tigreaux au printemps 2002. La mère ne les a pas rejetés, et se comporte avec eux comme n'importe quelle tigresse le ferait dans la nature. C'est une véritable victoire pour Victor Yudin, car il est assez rare, qu'en captivité ou même en semi-liberté, les tigresses acceptent de garder leurs petits.
En comparant les résultats des recherches menées en captivité et en milieu naturel, on pourra savoir quels sont les comportements innés et ceux appris de la mère, et les scientifiques pourront ainsi définir les méthodes à employer, d'abord pour préserver l'espèce dans des réserves et ce dans les meilleures conditions possibles, puis aussi pour leur éventuelle réintégration à la vie sauvage.
Aux Etats-Unis, dans l'état du Nebraska, le ville d'Omaha possède un zoo qui accueille les petits tigres orphelins afin de les élever. Ce zoo poursuit un programme à long terme de réinsertion dans la nature. En effet, ils peuvent reproduire des conditions proches que celles que connaissent le tigre de Sibérie dans son environnement naturel qu'est la taïga.
En Europe, beaucoup de zoos et de réserves accueillent des espèces en voie de disparition, dont le tigre de Sibérie, suite à la loi de la protection des espèces menacées votée dans la dernière décennie. Parmi les plus réputés, on peut citer le domaine de la Bourbansais, en France, dans la ville de Plouguerneau (Ille-et-Vilaine). En Suisse, le zoo de Zurich poursuit lui aussi ce programme. Deux petits tigres de Sibérie sont d'ailleurs nés au mois de juin de cette année (2003). Ils sont les 50ème et 51ème tigres à naître dans ce parc. Leur mère, Kora, est âgée de 14 ans. Le père, âgé de 6 ans, se nomme Nurejev. Le programme européen d'élevage pour cet espèce est satisfait de cette naissance.
Bébé tigre dans le zoo d'Omaha
Tigre dans le zoo de Zurich
Certes, des efforts sont fait pour sauvegarder le tigre de Sibérie. Mais le plus grand danger qui menace le tigre est tout simplement la déforestation (mis à part bien sûr nos mentalités, notre égoïsme et notre parfaite indifférence...). La taïga se voit chaque année amputée de 4 millions d'hectares ! Quand on sait qu'un tigre de Sibérie peut avoir besoin d'un territoire supérieur à 1 000 km², on comprend mieux le danger...
Mais a terme, ce n'est pas seulement la vie du tigre que nous mettons en danger, mais aussi la nôtre ! Je ne vais pas ici rappeler l'importance que les forêts ont sur notre planète, absolument vitales à la survie de toute race animale, dont la nôtre. Mais, plus indirectement, en tuant les tigres et autres espèces animales, l'homme altère l'équilibre biologique de l'environnement. Les herbivores se multiplient sans cesse, faute de prédateurs, et détruisent la végétation : l'équilibre de la nature n'est plus respecté. Cet équilibre est évidemment très fragile, car il suffit simplement de briser un maillon de la chaîne alimentaire (en l'occurrence le tigre) pour que tout le reste soit chamboulé...
L'avenir du tigre de Sibérie et le nôtre sont pratiquement liés... En sauvant le tigre, on sauve la forêt. En sauvant la forêt, on se sauve nous mêmes ! Tout cela est bien flou, et l'on ne peut pas vraiment dire avec précision ce qui adviendra du tigre, mais on peut parier qu'il ne sera bientôt plus question de le laisser en liberté, mais de le mettre dans des réserves...
A nous de nous responsabiliser, pour que ceci n'arrive pas ! Comme le dit le proverbe Russe, l'espoir est toujours ce qui meurt en dernier...
annelise...alors bouger vous merci d'avance...




